09/11/2015

Japon 10 - Osaka et Kobe

Laissez-nous un petit mot

Nous réservons notre matinée pluvieuse à la visite du beau château d’Osaka. Cette place forte fut construite en 1583, assiégée en 1615, brûlée puis reconstruite, puis re-détruite en 1868 et enfin reconstruite en 1931. Seul l’extérieur du château a donc garde un caractère historique, l’intérieur étant bien moderne et abritant un musée sur l’histoire du château.

C’est l’heure de la minute historique !
Le Japon c’est à l’origine plusieurs tribus qui ont été réunifiées par trois grands hommes, Oda Nobunaga (1534-1582), Toyotomi Hideyoshi (1536-1598), et Tokugawa Ieyasu (1542-1616). On pourrait dire que l'histoire du Japon est rythmée par une alternance de puissances militaires et de puissances impériales.


Mais repartons du début (et prenons notre respiration) : jusque vers 900, le Japon s'est peu à peu peuplé de tribus venues de la Chine, de la Corée, de Sibérie... Des clans puis des royaumes se forment, et c'est le clan Yamato qui au IIIème siècle affirme sa position supérieure et impériale en constituant le pays d'un prince et d'une cour impériale. Le bouddhisme est aussi introduit dans le pays, et les Yamato le voient comme un moyen d'unification du territoire.

De 710 à 794, la cour s'installe à Nara, puis à Kyoto qui restera capitale pendant près de 1000 ans. La cour se développe et se raffine, mais perd aussi sa puissance. Des seigneurs militaires en profitent alors pour se développer dans les provinces, servis par des guerriers expérimentés, les samourais. Des querelles armées éclatent entre deux puissantes familles provinciales, les Minamoto et les Taira. Et en 1192, Minamoto Yoritomo se fait nommer gouverneur militaire du pays (shogun) par l'empereur. Le gouvernement devient féodal et est marqué par des affrontements entre seigneurs de guerre, et par des tentatives d'invasion du Japon par les mongols, toujours miraculeusement repoussés.

Plusieurs shogun se succèdent mais leur pouvoir est de plus en plus limité devant l'autorité impériale qui reprend le dessus. La guerre civile éclate. Puis arrive Oda Nobunaga, seigneur de guerre renommé qui prend la tête du pays en 1573. Malgré son côté mégalomane et sa brutalité, il initie l'unification du pays, notamment en assurant une bonne répartition des territoires entre les seigneurs. Toyotomi Hideyoshi lui succède en 1582 et finalise l'unification du pays, tout en prenant en otage les familles des seigneurs pour que ceux-ci restent à la cour au lieu de repartir comploter en province. C'est Toyotomi Hideyoshi qui fait construire le château d'Osaka.

Lorsqu'il décède en 1598, il demande à l'un de ses généraux, Tokugawa Ieyasu, d'assurer la succession de son fils Toyotomi Hideyori qui a alors 5 ans. Mais Tokugawa Ieyasu décide de garder le pouvoir pour lui seul et se fait proclamer shogun en 1600. S'ensuit une guerre entre lui et Toyotomi Hideyori devenu adulte, dont le château d'Osaka abritant Toyotomi Hideyori fait les frais. Les Tokugawa sont vainqueurs de la guerre et se succèdent au rôle de shogun qui surpasse le rôle de l'empereur. Ils ferment le pays aux échanges extérieurs, contrôlent strictement les familles militaires, les ports, les mines, instaurent des codes de conduite stricts, et fortement réprimés si non respectés.

Peinture du siège du château d'Osaka (extrait)


C'est la période d'Edo, période de fermeture qui dure plus de deux siècles, jusqu'à l'arrivée des occidentaux en 1853, au moment où le pays est affaibli par la famine et par le mécontentement des populations qui dénoncent une administration corrompue. C'est le commodore américain Matthew Perry qui demande l'ouverture commerciale du pays, d'une manière peu pacifique, en débarquant dans la baie de Tokyo avec son armada. Le shogunat, trop faible, se plie au commodore et doit se rouvrir, notamment aux occidentaux qui débarquent.

A partir de 1868, la période Meiji, du nom de l'empereur Meiji qui à repris le pouvoir, est la période d'ouverture et de modernisation à grande vitesse du pays. Allié de la Grande Bretagne lors de la Première Guerre Mondiale, le Japon tente de mettre la main sur la Chine. Le petit fils de l'empereur Meiji, Hirohito (1901-1989), couronné en 1926, développe la démocratie et la diplomatie, mais maîtrise difficilement la montée en puissance de l'armée. En 1931, le Japon envahit la Mandchourie et se met à dos les Nations Unies, puis envahit brutalement la Chine en 1937.

Changeant de camp lors de la Seconde Guerre Mondiale en rejoignant l'Allemagne et l'Italie, le Japon, d'abord victorieux, s'épuise et subit le coup de grâce avec les deux bombes atomiques lancées en 1945 par les américains sur Hiroshima et Nagasaki, tuant 140 000 civils. Après la guerre, l'empereur perd ses pouvoirs exécutifs, le Japon est démilitarisé, mais se reconstruit rapidement. Mais dans les années 1990 puis en 2008, des crises économique frappent le Japon. Aujourd'hui, c'est le Parti libéral-démocrate (PLD) qui dirige le pays, avec pour premier ministre Shinzo Abe depuis 2012.

Après notre visite du château et cette parenthèse d'histoire, nous décidons à l’improviste de nous rendre à Kobe pour le déjeuner, et surtout pour aller chercher le fameux bœuf à sa source ! Nous sautons dans un train et trente minutes plus tard nous voici à Kobe. Il est malheureusement difficile de trouver un restaurant encore ouvert et sans avoir réservé, mais nous trouvons notre bonheur chez Kobe Steak Land. Le nom ne fait pas rêver et ce n’est sans doute pas le meilleur bœuf de Kobe dans l’absolu, mais pour notre première fois on l’a trouvé incroyable !! Le meilleur bœuf que l’on n’ait jamais mangé !

Ça grésille !

Meilleur boeuf jamais mangé jusqu'ici !


Apres ce déjeuner pour le moins carnivore, nous partons faire une promenade digestive à Kitano, le vieux quartier de Kobe, qui présente de jolies maisons en briques. On se croirait presque en Europe !


Un joli sanctuaire en haut de la colline nous offre une belle vue sur la ville.


Nous rentrons à Osaka pour passer notre dernière soirée à Dotombori. Nous poussons un peu plus au sud à Denden town, le quartier mangas, équivalent d’Akihabara à Tokyo. On y voit d’immenses boutiques de mangas, d’électronique, et de cosplay (costumes d’héros de mangas).


Revenus vers le canal de Dotombori, on traverse des labyrinthes de galeries marchandes bruissantes de foule au milieu desquelles on découvre un écrin zen : le temple Hozen-ji dont la statue que les fidèles prient est recouverte de mousse à cause de l’eau qu’ils aspergent sur elle.



Nous finissons par une dernière tarte aux marrons chez Pablo, demain matin c’est déjà notre vol, c’est passé si vite ! On est un peu frustrés avec l’impression de n’avoir vu qu’une toute petite partie de ce que le Japon a à offrir, même si toutes les expériences que nous avons vécues on fait du Japon un voyage intense !

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