29/11/2015

Un weekend à Jakarta

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Quand on a dit qu’on allait à Jakarta ce weekend, on a eu plutôt des retours négatifs : embouteillages, pollution, rien à faire... Mais convaincus qu’une bonne bande de copains dans une ville rébarbative peut la rendre bien plus attirante, on y est allés quand même !

Alors voici le récit de notre weekend éclair à Jakarta ! Départ à 8h de Singapour, arrivée à 9h heure à Jakarta après deux heures de vol (pour les matheux, oui il y a une heure de décalage horaire), nous commençons notre découverte par le quartier de Kota qui est le vieux Jakarta colonial, avec sa grande place dominée par l’ancien Hôtel de Ville. Il faut savoir que Jakarta était au XVIIème siècle la capitale des Indes orientales néerlandaises, nom donné par les hollandais au territoire colonisé en Asie du sud-est. La ville était alors le siège de la VOC, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.



C’est l’heure du petit déjeuner, et cela tombe bien car à l’opposé de la place se trouve le Cafe Batavia (Batavia étant le nom donné par les hollandais à la ville), bâtisse coloniale dont l’intérieur nous projette dans un autre temps. Boiseries, murs couverts de photographies rétro, musique jazzy, serveurs en habit, tout y est ! Et cerise sur le gâteau, le petit déjeuner est excellent !


Les oeufs bénédicte, yummy !

Nous marchons ensuite vers le nord pour le quartier de Sunda Kelapa et son vieux port. Après avoir visité le Musée Maritime, assez vide et poussiéreux mais dans des grands entrepôts de l’époque du florissant commerce des épices, nous nous perdons dans un labyrinthe de petites rues étroites, aux maisons abîmées, les enfants nous font coucou et viennent nous parler, les adultes nous sourient, on est imprégnés par la vie de quartier. Mais on reste quand même un peu méfiants lorsqu’un groupe de jeunes ados nous parle de l’ISIS quand on leur dit que nous sommes français. On se dit que c’est terrible de se sentir méfiants et du coup d’être sur la défensive quand on nous parle (cf tous les messages de sécurité comme quoi on ne doit pas la ramener à l'étranger en tant que français), alors que la majorité des gens sont juste très gentils et accueillants.








Nous nous posons dans la fraîcheur du VOC Galangan, puis partons vivre notre deuxième expérience de la journée : les embouteillages ! Tuk-tuk pour les uns et taxi pour les autres, nous passons 45 minutes dans le trafic dense avant de rejoindre notre hôtel dans le centre de Jakarta. Les klaxons rythment le trajet. Finalement, pour une ville de 10 millions d’habitants, sans métro, ce n’est pas si étonnant d’avoir des embouteillages. Au fur et à mesure que l’on descend dans le centre, la ville se modernise. Nous déjeunons (même s’il est déjà 15h) chez Sate Khas Senayan : des satay, petites brochettes de viande, et des assiettes avec riz, poulet frit, coco en poudre…, le nom de ces plats commence toujours par "Nasi", qui signifie "riz" (le reste du nom décrivant avec quoi on le mange).

Nous faisons une bonne pause à l’hôtel pour se rafraîchir car on a plus chaud à Jakarta qu’à Singapour ! Nous partons ensuite dans la zone des centres commerciaux modernes et clinquants, pas très loin de notre hôtel, Grand Indonesia et Plaza Indonesia. Nous montons au Skye, un bar ouvert au sommet d’une tour de 56 étages et dégustons de bons burgers pour le dîner !
La nuit, Jakarta est réputée pour sa vie nocturne parmi les meilleures d’Asie ! La ville s’anime et les bars, dont certains très select, se remplissent. Malgré le fait que 88% de la population soit musulmane, les bars de strip tease ont pignon sur rue dans certains quartiers, et l’alcool n’est pas cher !

Cocktails au Skye

Le lendemain, il pleut ! Nous prenons des pratas à la banane dans un café sur Jalan Jaksa, la rue des backpackers, puis nous allons nous réfugier au National Museum. Celui-ci est bien plus fourni que le Musée Maritime et  nous prenons le temps d’admirer les collections d’objets des différentes ethnies. L’Indonésie compte environ 17000 îles et 500 ethnies différentes avec leur culture propre. Il y a les Bugis, les Makassar, les Javanais, les Sasak…



Dans le musée, est également exposé le crâne de l’homme de Flores (Homo floresiensis), découvert en 2003 sur l’île de Flores. Il pourrait descendre directement de l'Homo erectus. Sa découverte fut une surprise car la datation indique qu'il était encore là en -18 000, donc qu'il est contemporain de l'Homo sapiens, alors que son cerveau est bien plus petit (400 cm3 pour l'Homo floresiensis contre 1200 cm3 pour l'Homo sapiens).

Le crâne de l'homme de Flores

Le Musée National est à côté du Monument National (le Monas), immense parc au centre duquel s’élève un obélisque. Ce monument a été élevé pour célébrer l’indépendance de l’Indonésie en 1949. En effet, les hollandais sont restés en Indonésie jusqu’à la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle les Japonais ont envahi le pays. Le général indonésien nationaliste Soekarno a profité de la fin de la guerre pour déclarer l’Indépendance le 17 août 1945 mais les hollandais ne partiront qu’en 1949. Soekarno devient président, mais le Parti Communiste tente un coup d’état en 1965, repoussé par le général Soeharto qui fait la chasse aux communistes (500000 morts). En 1966, Soeharto force Soekarno à lui donner le pouvoir, et le pays plonge pour trente ans de dictature, pendant laquelle le pays s’enrichit mais aussi la corruption se développe. Ce sont des émeutes en 1998, suite à la crise économique, qui forcent Soeharto à abandonner le pouvoir à son vice-président. Ce n’est qu’en 1999 qu’ont lieu les premières élections démocratiques depuis 1955. Aujourd’hui, l’Indonésie souffre toujours de la corruption et de conflits religieux, mais a relativement bien tenu le coup face à la récession mondiale de 2008. Mais des chiffres de 2013 disent que 12% de la population reste quand même sous le seuil de pauvreté. A noter que l’Indonésie est le 3ème pays le plus peuplé au monde derrière la Chine et l’Inde.

Le Monas

Au nord du Monas, nous allons visiter la Mosquée de Jakarta (Istiqlal Mosque), la plus grande mosquée d’Asie du sud-est ! Des jeunes filles font un spectacle de danse devant la Mosquée et sont aux anges lorsqu’on leur demande si on peut se prendre en photo ensemble.




La Mosquée est très belle, ouverte, et ressemble autant à un lieu de rencontre qu’a un lieu de prière. Certains font la sieste, d’autres lisent, discutent. Cela contraste avec l’ambiance de la Cathédrale de Jakarta juste en face où le silence règne. Cette expérience spirituelle nous fait penser que nos religions ne sont pas si différentes, les rituels sont différents mais partagent le même sens, les messages ont au final le même objectif, faire le bien autour de soi.



Notre dernière expérience est culinaire ! Nous déjeunons au Lara Djongrang, un restaurant à la décoration traditionnelle soignée dans les tons rouges. Nous y mangeons un beef rendang (bœuf dans une sauce épaisse épicée à la coco) absolument délicieux, et de succulents desserts à base de lait de coco, de pandan et de vanille.




Ainsi se termine notre séjour à Jakarta ! Le bilan ? Jakarta il faut y aller au moins une fois, ce weekend nous a permis de mieux cerner un pays dont nous n’avions que la vision des plages de Bali, des temples, des volcans. Cela nous faisait passer à côté de sa diversité ethnique, son histoire, et ce sentiment que lorsque le pays se sera débarrassé de la corruption il pourra devenir une grande puissance de premier rang !

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